On présente souvent les cols du Var comme une liste de noms interchangeables. C’est une erreur de géographie autant que de pratique : le département contient deux terrains de jeu qui n’ont rien en commun. Au sud, les monts toulonnais forment une barrière calcaire courte et raide, plantée juste au-dessus de La Valette-du-Var. À l’est, le massif des Maures propose des ascensions longues, ombragées et beaucoup plus roulantes.
Choisir entre les deux, c’est choisir entre 40 minutes d’effort intense à dix minutes de chez soi et une sortie à la journée. Voici les sept ascensions qui comptent, avec leurs chiffres, leur revêtement réel et ce qui les rend praticables ou non selon la saison.
Les monts toulonnais : les ascensions au départ de La Valette
La chaîne des monts toulonnais commence aux environs de Bandol et se termine en à-pic sur la commune de La Valette-du-Var. Autrement dit, l’habitant de La Valette n’a aucune liaison à faire : les cols sont au bout de la rue.
Le Coudon, le plus proche
Le mont Coudon culmine à 700 mètres. La montée seule est donnée à 6,1 kilomètres pour 438 mètres de dénivelé et 7,2 % de moyenne ; depuis La Valette, elle atteint 9,1 kilomètres pour 575 mètres à 6,3 %, avec cent mètres à 10,8 %. La difficulté se concentre sur les cinq derniers kilomètres, après un long faux plat trompeur sur route fréquentée. Le sommet, occupé par une base militaire, est interdit d’accès. Nous lui consacrons un guide complet de l’ascension.
Le Mont Faron, le plus raide
Le classique absolu, emprunté par les courses professionnelles depuis le Tour de France 1957. Environ 5,5 kilomètres pour un peu plus de 500 mètres de dénivelé, entre 8,6 et 9 % de moyenne selon les relevés, avec une pente qui oscille le plus souvent entre 8 et 10 % et un final au-dessus de 11 %. Sa particularité tient à sa route à sens unique et à un revêtement granuleux qui rend la descente inconfortable. Détail dans notre guide du Mont Faron.
Le Mont Caume, le plus haut
Point culminant des monts toulonnais, autour de 800 mètres. On y accède depuis le col du Corps de Garde, atteint depuis Toulon en 7 à 8 kilomètres à un peu moins de 5 % de moyenne. De ce col, il reste 5,1 kilomètres à 7,8 % pour 404 mètres de dénivelé, sur l’ancienne route militaire D662, étroite et au revêtement médiocre sur sa seconde moitié. C’est la plus sauvage des trois, et la plus exposée aux fermetures estivales. Voir notre guide du Mont Caume.
Le Gros Cerveau, le quatrième larron
Au-dessus d’Ollioules, une ascension plus modeste : environ 4,4 kilomètres à 7 % de moyenne pour 323 mètres de dénivelé selon les relevés locaux, avec un sommet vers 360 mètres. Les difficultés se concentrent au pied, dans une longue rampe au-dessus de 10 % au milieu des lotissements, puis la pente s’assagit entre 5 et 7 %.
Détail complet dans notre guide du Gros Cerveau. Sa curiosité : une barrière ferme la route aux véhicules motorisés l’été au titre de la prévention des incendies. Le revêtement se dégrade à partir de la station de traitement des eaux, mais la vue sur la baie de Bandol et Six-Fours compense largement.
Les Maures et la Sainte-Baume : les sorties à la journée
Changement complet de logique. Ici, les cols sont plus longs, plus doux et surtout boisés — donc praticables quand les monts toulonnais deviennent des fours. En contrepartie, ils demandent une heure de route ou une grosse sortie pour être atteints depuis La Valette.
Le col du Babaou
Le plus accessible des cols des Maures : environ 5,8 kilomètres à 4,5 % de moyenne pour 263 mètres de dénivelé depuis Collobrières, jusqu’à un sommet à 414 mètres. La montée est régulière, le revêtement bon, et le parcours se déroule dans les chênes-lièges, donc à l’ombre. C’est un col où l’on monte en tournant les jambes, pas en serrant les dents.
Voir notre guide du col du Babaou. Une précision de calendrier qui évite une mauvaise surprise : les trois derniers dimanches d’octobre, la fête de la châtaigne rend la traversée de Collobrières impraticable à vélo. Décalez d’un jour.
Notre-Dame des Anges
La plus belle ascension du massif, et la plus longue de cette sélection : environ 11,8 kilomètres pour 632 mètres de dénivelé à 5,4 % de moyenne, avec des passages proches de 10 %, jusqu’à un sommet vers 768 mètres. La première moitié est roulante, rarement au-dessus de 6 % ; la seconde se corse nettement. Le tout au milieu des châtaigniers, avec très peu de circulation.
Deux réserves à connaître. Le revêtement est franchement dégradé par endroits, notamment entre le sommet et l’embranchement vers Collobrières et Gonfaron, ce qui rend la descente délicate. Et la route est fermée en cas de risque incendie, comme l’ensemble du secteur.
Le col de l’Espigoulier, une mise au point
Il figure dans toutes les listes de « cols du Var », et c’est une approximation. L’Espigoulier culmine à 723 mètres dans le massif de la Sainte-Baume, mais ses versants cyclables partent de Gémenos et d’Auriol, deux communes des Bouches-du-Rhône. Comptez environ 11 kilomètres à 5,2 % depuis Gémenos, 13,8 kilomètres à 3,8 % depuis Auriol, ou 17,25 kilomètres à 3,2 % depuis Saint-Zacharie.
C’est une superbe montée, régulière, avec une vue sur Marseille au sommet. Simplement, depuis La Valette-du-Var, elle relève de l’excursion et non de la sortie du dimanche matin.
Les sept ascensions comparées
| Le Coudon | Mont Faron | Mont Caume | Gros Cerveau | Col du Babaou | Notre-Dame des Anges | Col de l'Espigoulier | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Massif | Monts toulonnais | Monts toulonnais | Monts toulonnais | Monts toulonnais | Maures | Maures | Sainte-Baume |
| Altitude | 700 m | Environ 540 m | Environ 800 m | Environ 360 m | 414 m | Environ 768 m | 723 m |
| Longueur | 6,1 à 9,1 km | Environ 5,5 km | 5,1 km | Environ 4,4 km | 5,8 km | 11,8 km | 11 à 17 km |
| Dénivelé | 438 à 575 m | Environ 500 m | 404 m | 323 m | 263 m | 632 m | 520 à 590 m |
| Pente moyenne | 6,3 à 7,2 % | 8,6 à 9 % | 7,8 % | Environ 7 % | 4,5 % | 5,4 % | 3,2 à 5,2 % |
| Ombragé | ✗ | ✗ | ✗ | ✗ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Revêtement | Correct puis étroit | Granuleux | Médiocre sur la fin | Dégradé en haut | Bon | Dégradé par endroits | Bon |
| Départ depuis La Valette | Immédiat | Court | Court | Moyen | Éloigné | Éloigné | Très éloigné |
Ce qui rend les cols varois particuliers
Trois traits reviennent d’une ascension à l’autre, et aucun n’apparaît sur un profil altimétrique. Le premier est le revêtement : plusieurs de ces routes sont d’anciennes voies militaires ou forestières, dont l’entretien n’a jamais été pensé pour des pneus de 25 millimètres. Cela pèse surtout en descente.
Le deuxième est l’exposition. Le calcaire des monts toulonnais retient peu la végétation : sur le Coudon comme sur le Faron, l’ombre est rare et la chaleur devient le facteur limitant avant la pente. Le troisième est réglementaire, et c’est le plus souvent ignoré.
Par quel col commencer
Si vous n’avez jamais grimpé dans le secteur, le col du Babaou est le point d’entrée le plus honnête : pente douce, ombre, revêtement correct. Pour un premier mont toulonnais, le Gros Cerveau reste le plus court, à condition d’encaisser sa rampe de départ.
Le Faron et le Coudon supposent d’avoir déjà roulé en montagne, ou au moins d’être équipé d’un braquet permettant de tourner les jambes à 10 %. Quant au Caume, gardez-le pour plus tard : c’est la seule des sept où la route elle-même devient une difficulté.
Questions fréquentes
Quels sont les principaux cols du Var à vélo ?
Au sud, les monts toulonnais regroupent le Coudon, le Mont Faron, le Mont Caume et le Gros Cerveau, tous accessibles depuis l’agglomération toulonnaise. À l’est, le massif des Maures propose le col du Babaou et l’ascension de Notre-Dame des Anges, plus longues et nettement plus ombragées. Le col de l’Espigoulier, souvent rattaché au Var, se grimpe en réalité depuis les Bouches-du-Rhône, à Gémenos ou Auriol.
Quel est le col le plus difficile du Var ?
Parmi les ascensions du secteur toulonnais, le Mont Faron affiche la pente moyenne la plus élevée, entre 8,6 et 9 % sur environ 5,5 kilomètres, avec un final au-dessus de 11 %. Le Coudon lui dispute ce classement pour une autre raison : plus long, moins pentu en moyenne, il fatigue dans son faux plat initial avant les cinq kilomètres réellement difficiles. Le Mont Caume, lui, ajoute une route étroite et dégradée à un pourcentage soutenu.
Quel col grimper quand il fait chaud ?
Privilégiez le massif des Maures. Le col du Babaou se déroule dans les chênes-lièges, sur une pente régulière autour de 4,5 %, et Notre-Dame des Anges monte au milieu des châtaigniers avec très peu de circulation. Les monts toulonnais, à l’inverse, sont bâtis sur du calcaire blanc peu boisé : l’ombre y est rare et la chaleur devient rapidement le facteur limitant, bien avant la pente elle-même.
Le col de l'Espigoulier est-il dans le Var ?
Le sommet appartient au massif de la Sainte-Baume, à cheval sur deux départements, mais ses versants cyclables partent de Gémenos et d’Auriol, deux communes des Bouches-du-Rhône. On le présente souvent comme un col varois par commodité. Depuis La Valette-du-Var, il faut le considérer comme une excursion à part entière et non comme une sortie de proximité, contrairement au Coudon ou au Faron.
Quel braquet prévoir pour les cols du Var ?
Pour les monts toulonnais, prévoyez de quoi tourner les jambes sur des passages à 10 ou 11 %. Un pédalier compact associé à une cassette généreuse constitue le choix raisonnable pour le Faron comme pour le Coudon. Sur les cols des Maures, dont les pentes moyennes tournent entre 4,5 et 5,4 %, un développement plus classique suffit largement, même si le revêtement dégradé de Notre-Dame des Anges invite à la prudence en descente.
Peut-on grimper ces cols en hiver ?
Oui, et c’est même la meilleure période. Les altitudes restent modestes, entre 360 et 800 mètres, et la neige y est exceptionnelle. Les massifs ne sont pas soumis aux restrictions estivales, le trafic touristique disparaît des routes de montagne, et la visibilité est souvent excellente, en particulier les jours de fort mistral où les Alpes deviennent visibles depuis le Coudon.
Les routes des cols varois sont-elles fermées l'été ?
Elles peuvent l’être. La préfecture du Var encadre chaque été l’accès aux neuf massifs forestiers du département et publie une carte quotidienne, avant 19 heures pour le lendemain. Aux niveaux de risque les plus élevés, l’accès est interdit et certaines routes goudronnées sont fermées à la circulation. Sur le Gros Cerveau, une barrière interdit par ailleurs le passage aux véhicules motorisés durant l’été, au titre de la prévention des incendies.
Pour aller plus loin
- Le Coudon à véloLe col le plus proche de La Valette : profil réel, itinéraire et pièges de la descente.Voir l'ascension
- Le Mont Faron à véloLe classique toulonnais : sens unique, revêtement granuleux et trafic touristique.Voir l'ascension
- Tous les itinéraires autour de La ValetteSix parcours classés par niveau, du littoral plat aux trois monts toulonnais.Voir les itinéraires



