Le Var est l’un des rares départements français où l’on peut, dans la même journée, rouler à plat le long de la mer et grimper 800 mètres de dénivelé. Cette dualité n’a rien d’un hasard touristique : elle est inscrite dans la géologie. Comprendre comment le département est fait, c’est savoir où aller rouler selon la saison, le niveau et le temps disponible.

Ce guide passe le département en revue du point de vue du cycliste : le relief, le réseau cyclable, les îles, l’arrière-pays et les contraintes réglementaires qui décident, chaque été, de ce que vous pouvez rouler ou non.
Le Var se coupe en deux, et ça change tout à vélo
C’est le fait le plus utile à connaître et le moins souvent dit. Le département présente deux parties géologiquement différentes, séparées par un axe Toulon–Draguignan : à l’ouest, le calcaire ; à l’est, le cristallin. Un cycliste ressent cette frontière avant même de savoir qu’elle existe.
À l’ouest, le calcaire retient peu la végétation. Les monts toulonnais y dressent des pentes courtes, raides et largement exposées au soleil : le Coudon à 700 mètres, le Mont Faron un peu au-dessus de 500, le Mont Caume autour de 800. On y grimpe fort, sur des routes sans ombre, avec la chaleur comme premier adversaire.

À l’est, le sol cristallin porte des massifs boisés : les Maures culminent à 776 mètres, l’Estérel à 618. Les ascensions y sont plus longues, plus régulières et surtout ombragées — le col du Babaou tourne à 4,5 % de moyenne dans les chênes-lièges. Avec 58,3 % de sa superficie boisée, le Var est un département forestier bien plus qu’un département de plages, et c’est cette forêt qui rend l’est praticable en été.
Deux repères pour finir de situer le relief : le massif de la Sainte-Baume monte à 1 148 mètres à l’ouest, et la montagne de Lachens, au nord-est, culmine à 1 712 mètres. Le Var n’est pas un département plat.
Le littoral : 420 kilomètres de côtes et une véloroute
La colonne vertébrale cyclable du département est le parcours cyclable du littoral, désigné V65 au schéma national. Le département en donne les chiffres : 92 kilomètres sont aménagés à ce jour, dont 77 en site propre destinés exclusivement aux usagers non motorisés, pour un tracé qui atteindra 120 kilomètres de Six-Fours à Saint-Raphaël.

Son profil est doux pour une raison précise : à l’est de Toulon, il reprend l’emprise de l’ancienne ligne de chemin de fer de Provence Toulon – Saint-Raphaël, fermée en 1948. Une pente de voie ferrée reste une pente de voie ferrée. La section Toulon – Hyères, longue d’environ 25 kilomètres, en est la vitrine, avec 607 945 passages de cyclistes comptabilisés en 2024.
Un point d’honnêteté : la traversée de Toulon, elle, reste franchement urbaine et se pratique avec prudence, entre voies partagées et pression automobile. Le détail du réseau figure dans notre guide des voies vertes du Var et dans celui de la voie verte Toulon – Hyères.
Porquerolles : l’île où le vélo est le seul moyen de transport
C’est la sortie la plus dépaysante du département, et la plus réglementée. Porquerolles fait environ 7 kilomètres de long sur 3 de large ; le tour complet représente 25 à 30 kilomètres à vélo. La circulation des véhicules à moteur y est interdite, hors véhicules de service : le vélo n’est pas une option, c’est le mode de déplacement principal.

L’île appartenant au cœur du Parc national de Port-Cros, les règles sont strictes et méconnues. Du 1er juillet au 31 août, les vélos doivent porter à l’avant un dispositif de marquage spécifique pour circuler dans les espaces en cœur de parc — les loueurs de l’île le fournissent. Rouler sans marquage durant cette période expose à une contravention de troisième classe, soit 68 euros d’amende forfaitaire. S’y ajoutent une vitesse limitée à 20 km/h, la priorité aux piétons, l’interdiction de circuler hors des pistes et sur les plages, et le stationnement uniquement sur les aires aménagées.
L’arrière-pays : villages perchés et anciennes voies ferrées
Quitter la côte transforme la sortie. Bormes-les-Mimosas, Grimaud et son château médiéval, Gassin et ses panoramas sur le golfe de Saint-Tropez : ces villages se gagnent par des montées courtes mais sèches, puisqu’ils sont perchés — c’est même leur définition. Prévoyez le braquet en conséquence, et visez le début de matinée pour éviter à la fois la chaleur et les cars de touristes dans les lacets d’accès.

Plus au nord, un second réseau cyclable existe, bien plus confidentiel que le littoral. La section Barjols – Draguignan de l’EuroVelo 8, dite La Méditerranée à vélo, court sur environ 58 kilomètres entièrement varois, dont les 48 premiers en majorité sur le tracé de l’ancienne voie ferrée Central-Var Meyrargues – Nice. Elle traverse Barjols, Sillans-la-Cascade, Salernes, Saint-Antonin-du-Var, Lorgues et Flayosc, avec trois tunnels éclairés entre Lorgues et Flayosc.
À côté, La Vigne à Vélo relie Les Arcs-sur-Argens à Châteaudouble via Draguignan sur une vingtaine de kilomètres, majoritairement en piste goudronnée à faible pente, avec des zones ombragées, des tables et des fontaines. C’est l’itinéraire le mieux pensé du département pour rouler avec des enfants.
La Valette-du-Var : une base stratégique
Nichée entre Toulon et Hyères, La Valette-du-Var occupe une position que peu de communes du littoral peuvent revendiquer : elle se situe du bon côté de l’agglomération. On y rejoint le parcours cyclable du littoral par les aménagements de La Garde, sans traverser le centre de Toulon et sa circulation.

Au nord, la commune est dominée par le Coudon, qui culmine à 700 mètres et dont La Valette occupe le pied. L’ascension est donnée à 6,1 kilomètres pour 438 mètres de dénivelé à 7,2 % de moyenne, ou 9,1 kilomètres pour 575 mètres en partant du centre-ville. Aucune liaison, aucun transport : le col commence en bas de la rue. Le détail figure dans notre guide de l’ascension du Coudon.
Côté récupération, le jardin de Baudouvin offre une halte ombragée à l’écart de la circulation. Et pour une sortie en famille ou une première reconnaissance du secteur, nos itinéraires autour de La Valette couvrent les six parcours possibles au départ de la commune.
Les haltes : marchés et ravitaillement
Un marché est une excellente halte de sortie longue, à condition de connaître les jours. Le marché du Cours Lafayette à Toulon et celui de la place des Lices à Saint-Tropez, le mardi et le samedi, comptent parmi les plus fournis du département en produits locaux.

Le vrai sujet du ravitaillement se pose toutefois ailleurs, dans les terres. Sur une sortie dans les Maures ou le Haut-Var, les villages sont espacés et les commerces ne sont pas tous ouverts l’après-midi. Identifiez votre point de ravitaillement avant de partir plutôt que d’espérer trouver en chemin, et rappelez-vous qu’il n’existe aucun point d’eau sur les grandes ascensions des monts toulonnais.
Quand rouler dans le Var
D’octobre à mai, sans hésitation. Le climat autorise la pratique toute l’année, les massifs ne sont pas soumis aux restrictions estivales, et le trafic touristique disparaît des routes de montagne. Le printemps et l’automne offrent le meilleur compromis entre lumière, température et fréquentation.

L’hiver réserve d’ailleurs une singularité : la route du sel, sur la presqu’île de Giens, est fermée à la circulation motorisée durant la saison creuse. Elle longe la plage de l’Almanarre, spot de kitesurf réputé pour ses vents constants — ce qui vous donne à la fois le décor et l’avertissement : le mistral se ressent fortement sur ce cordon découvert.

En été, deux facteurs pèsent plus que la météo. Les festivals et manifestations saturent les routes du littoral et des villages perchés en juillet et août : le calendrier des offices de tourisme vaut d’être consulté, non pour y aller, mais pour savoir quel jour éviter tel axe. Et surtout, l’accès aux massifs devient réglementé.
Questions fréquentes
Le Var est-il un bon département pour le vélo ?
Oui, et pour une raison structurelle : il réunit deux terrains très différents. Le littoral offre 92 kilomètres aménagés dont 77 en site propre, sur un profil hérité d’une ancienne voie ferrée. L’intérieur propose des ascensions allant de 360 à plus de 800 mètres, dans deux massifs de nature géologique opposée. On peut y rouler à plat au bord de l’eau le matin et grimper 500 mètres de dénivelé l’après-midi.
Quelle est la différence entre l'ouest et l'est du Var à vélo ?
Un axe Toulon–Draguignan sépare deux ensembles géologiques. À l’ouest, le calcaire donne des pentes courtes, raides et peu ombragées : les monts toulonnais grimpent entre 7 et 9 % de moyenne, sans point d’eau et en plein soleil. À l’est, le sol cristallin porte des massifs boisés, les Maures à 776 mètres et l’Estérel à 618, avec des ascensions plus longues, plus régulières et à l’ombre.
Peut-on faire du vélo à Porquerolles ?
C’est même le mode de déplacement principal, les véhicules à moteur y étant interdits hors services. L’île fait environ 7 kilomètres sur 3, et le tour complet représente 25 à 30 kilomètres. Attention à la réglementation du Parc national : du 1er juillet au 31 août, les vélos doivent porter un marquage spécifique à l’avant pour circuler en cœur de parc, sous peine d’une amende forfaitaire de 68 euros. Vitesse limitée à 20 km/h et circulation interdite hors des pistes.
Quel est le meilleur moment pour visiter Porquerolles à vélo ?
Le week-end, contrairement à ce qu’on imagine. Les tendances de fréquentation de l’île donnent une affluence basse le samedi et le dimanche, moyenne le lundi et le vendredi, et haute du mardi au jeudi. Les navettes partent notamment de La Tour Fondue sur la presqu’île de Giens, de La Londe-les-Maures dont les parkings sont gratuits, ainsi que de Toulon, La Seyne et Saint-Mandrier.
Quelle est la meilleure période pour rouler dans le Var ?
D’octobre à mai. Les massifs échappent alors aux restrictions estivales, le trafic touristique disparaît des routes de montagne et les températures restent praticables sur le littoral. Le printemps et l’automne offrent le meilleur équilibre. En été, la stratégie tenable consiste à partir tôt le matin et à privilégier les massifs boisés de l’est plutôt que le calcaire exposé des monts toulonnais.
Les routes du Var sont-elles fermées en été ?
Certaines peuvent l’être. La préfecture du Var encadre chaque été l’accès aux neuf massifs forestiers et publie une carte quotidienne, avant 19 heures pour le lendemain. Aux niveaux de risque les plus élevés, l’accès est interdit et certaines routes goudronnées sont fermées à la circulation. Avec 58,3 % du département couvert de forêt, cette réglementation concerne une grande partie des itinéraires cyclables intéressants.
Où se loger pour un séjour vélo dans le Var ?
La question à se poser n’est pas le type d’hébergement mais sa position par rapport au réseau. Une base située à l’est de Toulon permet de rejoindre le parcours cyclable du littoral sans traverser la ville, dont la traversée à vélo reste délicate. La Valette-du-Var, La Garde ou Le Pradet répondent à ce critère, avec en prime l’accès direct aux monts toulonnais pour les sorties avec dénivelé.
Pour aller plus loin
- Les voies vertes du VarLe réseau départemental, ses portions en site propre et ses ruptures de continuité.Voir le réseau
- Les cols du Var à véloSept ascensions comparées, des monts toulonnais au massif des Maures.Comparer les cols
- Tous les itinéraires autour de La ValetteSix parcours classés par niveau, du littoral plat aux trois monts toulonnais.Voir les itinéraires


