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Voies vertes du Var : les itinéraires cyclables sécurisés du département

Chercher « les voies vertes du Var » ramène en général un catalogue de noms sans hiérarchie, où une piste urbaine de deux kilomètres côtoie un itinéraire européen. Or le département n’a pas un réseau, il en a deux, séparés par une cinquantaine de kilomètres et par des usages qui n’ont rien à voir : un axe littoral très fréquenté, hérité d’une ligne de chemin de fer, et un axe intérieur beaucoup plus confidentiel qui traverse le Haut-Var.

Voici les itinéraires réellement praticables, ce qui les distingue, et surtout ce qu’ils valent en site propre — parce que « voie verte » et « piste cyclable » ne veulent pas dire la même chose, et que cette nuance décide de la sortie que vous pouvez faire avec des enfants.

Le réseau varois en quatre chiffres

58 km dans le Haut-Var

La section Barjols – Draguignan de l’EuroVelo 8 traverse le département, dont 48 km sur une ancienne voie ferrée.

Deux lignes désaffectées

L’essentiel du réseau varois reprend l’emprise de deux anciennes voies ferrées, ce qui explique des pentes très douces.

Plus de 600 000 passages

La piste du littoral a enregistré 607 945 passages de cyclistes en 2024 selon la métropole.

Voie verte, véloroute, piste cyclable : la différence compte

Ces trois mots sont employés comme des synonymes, et c’est la première source de mauvaise surprise. L’AF3V, l’association qui recense le réseau français, pose une définition claire : une voie verte est un aménagement en site propre, interdit à la circulation motorisée et réservé aux piétons, cyclistes, rollers et personnes à mobilité réduite. Une véloroute, elle, est un itinéraire de moyenne ou longue distance qui peut emprunter aussi bien des voies vertes que des routes à faible trafic.

La conséquence est directe. Sur une véloroute, vous croiserez des voitures : le balisage garantit la continuité de l’itinéraire, pas l’absence de trafic. C’est exactement ce qui se passe dans le Var, où plusieurs sections dites « véloroutes » longent des départementales fréquentées. Avant d’emmener un enfant sur un tronçon, la question utile n’est donc pas « est-ce une voie verte ? » mais « cette portion précise est-elle en site propre ? ».

Les itinéraires cyclables du Var, secteur par secteur

1. Le parcours cyclable du littoral, la colonne vertébrale

Tout part de là. Le parcours cyclable du littoral, désigné V65 au schéma national des véloroutes et voies vertes, traverse une vingtaine de communes. Le département en donne les chiffres : 92 kilomètres sont aujourd’hui aménagés, dont 77 en site propre destinés exclusivement aux usagers non motorisés, et le parcours s’étalera à terme sur 120 kilomètres, de Six-Fours à Saint-Raphaël.

Sa qualité vient de son origine : à l’est de Toulon, il reprend en grande partie l’emprise de l’ancienne ligne de chemin de fer de Provence Toulon – Saint-Raphaël, fermée en 1948. Un tracé ferroviaire ne monte pas : c’est ce qui rend ces kilomètres accessibles à des cyclistes qui ne roulent que trois fois par an.

2. Toulon – Hyères, les 25 kilomètres les plus roulés

C’est la section vitrine du littoral varois, à laquelle nous consacrons un guide détaillé : environ 25 kilomètres majoritairement asphaltés, longeant criques, plages et petits ports, accessibles à vélo comme à pied ou en rollers. C’est aussi celle que rejoignent naturellement les habitants de La Valette et de La Garde.

Sa fréquentation est le revers de sa réussite. La métropole a comptabilisé 607 945 passages de cyclistes dans les deux sens en 2024, et présente la piste comme l’un des dix tronçons les plus empruntés de France. Un dimanche après-midi de printemps, la voie devient un couloir dense où cohabitent poussettes, rollers et cyclistes rapides. Le matin en semaine, c’est une autre piste.

3. Hyères – Le Lavandou, la partie la plus dépaysante

En poursuivant vers l’est, l’itinéraire quitte progressivement l’urbanisation. L’AF3V décrit la section Toulon – Le Lavandou comme réalisée à environ 90 %, dont 85 % en voies vertes ou pistes cyclables de bonne largeur, au revêtement roulant et adapté au roller. Mais elle signale aussi que plusieurs sections restent à aménager pour assurer une continuité complète, et que la véloroute longe souvent des routes circulées, principalement la RD559.

Traduction pratique : le tronçon est excellent la plupart du temps, avec des ruptures qu’il faut avoir anticipées. Sur cette portion, un aménagement de qualité n’exclut pas trois cents mètres à faire au milieu du trafic.

4. La traversée de Toulon et l’itinéraire vers Six-Fours

C’est le maillon faible assumé du réseau. La traversée de Toulon par la V65 est franchement urbaine et se pratique avec prudence : voies partagées, peu de voies vertes, pression automobile. Nous détaillons les itinéraires urbains dans notre guide de la piste cyclable à Toulon. Certaines portions sont plus agréables que d’autres, notamment l’entrée par les anciennes douves de l’Arsenal, en contrebas de l’autoroute, qui mène au Palais des Sports à l’écart de la circulation.

Vers l’ouest, une piste relie Toulon à Six-Fours-les-Plages en passant par La Seyne, en longeant plusieurs kilomètres de l’Arsenal militaire. Vers l’est, l’alternative littorale non balisée que prennent les habitués part du stade Mayol, file vers Le Mourillon et ses plages, puis suit la côte jusqu’au rond-point de La Garde avant de rejoindre le parcours cyclable du littoral.

5. L’EuroVelo 8 dans le Haut-Var : Barjols – Draguignan

L’autre réseau varois, à l’intérieur des terres, et le grand oublié des recherches. La section Barjols – Draguignan de l’EuroVelo 8, dite La Méditerranée à vélo, fait environ 58 kilomètres entièrement situés dans le Var, dont les 48 premiers réalisés en majorité sur le tracé de l’ancienne voie ferrée Central-Var Meyrargues – Nice. Elle traverse Barjols, Sillans-la-Cascade, Salernes, Saint-Antonin-du-Var, Lorgues et Flayosc.

Deux singularités valent le déplacement : trois tunnels éclairés entre Lorgues et Flayosc, et la cascade de Sillans comme halte. En contrepartie, la descente finale vers Draguignan est technique, et le parcours alterne pistes sécurisées et sections partagées à faible circulation. Ce n’est pas un itinéraire de première sortie.

6. La Vigne à Vélo, la plus familiale du département

Moins connue, et pourtant la mieux pensée pour les enfants. La Vigne à Vélo relie Les Arcs-sur-Argens à Châteaudouble en passant par Draguignan, sur une vingtaine de kilomètres dont l’essentiel en piste cyclable goudronnée, avec quelques kilomètres en voie partagée. La pente est faible, la végétation offre de vraies zones ombragées, et des tables et fontaines jalonnent le parcours.

Le parcours se connecte à l’EuroVelo 8 depuis Draguignan, ce qui permet d’enchaîner sur une sortie plus longue quand les enfants ont grandi. À terme, l’itinéraire doit être prolongé vers Vidauban, Taradeau, La Motte et Le Muy.

Les six itinéraires comparés

Littoral (V65) dans son ensemble Toulon – Hyères Hyères – Le Lavandou Traversée de Toulon EV8 Barjols – Draguignan La Vigne à Vélo
Longueur 92 km aménagés Environ 25 km Inclus dans la V65 Quelques km Environ 58 km Environ 20 km
Secteur Littoral Littoral Littoral Urbain Haut-Var Dracénie
Majoritairement en site propre ✓ ✓ ✓ ✗ ✗ ✓
Sur ancienne voie ferrée ✓ ✓ ✓ ✗ ✓ ✗
Adapté aux enfants ✗ ✓ ✗ ✗ ✗ ✓
Fréquentation Forte Très forte Moyenne Forte Faible Faible
Continuité Discontinuités Bonne Sections manquantes Difficile Alternée Bonne

Ce qu’il faut anticiper avant de partir

Le réseau varois se construit par tronçons depuis des décennies, et cela se sent. Un itinéraire annoncé continu sur une carte peut vous déposer sans prévenir sur une bande cyclable le long d’une départementale. Ce n’est pas un défaut d’entretien, c’est l’état d’avancement d’un aménagement qui n’est pas terminé.

Choisir son horaire plutôt que son itinéraire

Sur la partie littorale, l’affluence pèse plus que le revêtement ou le dénivelé. Une même section se roule confortablement un mardi matin et devient inconfortable un dimanche de mai à 16 heures. Si votre sortie doit rester tranquille, décaler l’horaire est plus efficace que changer de tronçon.

Rejoindre le réseau depuis La Valette-du-Var

La Valette n’est traversée par aucune voie verte, mais elle se situe à courte distance du meilleur tronçon du département. On rejoint le parcours cyclable du littoral par les aménagements cyclables de La Garde, puis on bascule vers l’est en direction du Pradet et de Carqueiranne. Le plan vélo de la métropole comporte d’ailleurs un zoom cartographique dédié à La Garde et La Valette-du-Var, ainsi qu’une chronomap donnant les temps de trajet à vélo entre communes.

Pour les sorties vers l’ouest et les plages toulonnaises, en revanche, il faut accepter la traversée urbaine : c’est le sujet de notre circuit vers les plages de Toulon. Et si vous cherchez du dénivelé plutôt que du plat, les trois monts toulonnais se grimpent tous à moins d’une heure de chez vous, comme détaillé dans notre panorama des itinéraires à vélo autour de La Valette.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de kilomètres de voies vertes dans le Var ?

Le principal axe est le parcours cyclable du littoral, dont 92 kilomètres sont aménagés à ce jour, dont 77 en site propre réservés aux usagers non motorisés. Il atteindra 120 kilomètres à terme, de Six-Fours à Saint-Raphaël. À l’intérieur des terres s’ajoute la section Barjols – Draguignan de l’EuroVelo 8, longue d’environ 58 kilomètres, ainsi que des itinéraires locaux comme La Vigne à Vélo en Dracénie, sur une vingtaine de kilomètres.

Quelle est la différence entre une voie verte et une véloroute ?

Une voie verte est un aménagement en site propre, interdit aux véhicules motorisés et réservé aux piétons, cyclistes, rollers et personnes à mobilité réduite. Une véloroute est un itinéraire de moyenne ou longue distance, qui peut emprunter des voies vertes mais aussi des routes ouvertes à faible trafic. Sur une véloroute, vous croiserez donc des voitures : le balisage garantit la continuité du parcours, pas l’absence de circulation.

Existe-t-il une voie verte à Toulon même ?

La traversée de Toulon se fait principalement sur des voies partagées et non sur de la voie verte : la ville compte peu d’aménagements en site propre et l’itinéraire y demande de la prudence. Certaines portions sont plus confortables, comme l’entrée par les anciennes douves de l’Arsenal qui mène au Palais des Sports à l’écart du trafic. Les véritables sections en site propre commencent en sortie d’agglomération, vers l’est en direction d’Hyères.

Quelle voie verte choisir avec de jeunes enfants ?

Deux options se détachent. Sur le littoral, la section Toulon – Hyères offre environ 25 kilomètres majoritairement asphaltés et sécurisés, à condition d’éviter les créneaux de forte affluence. Dans les terres, La Vigne à Vélo, entre Les Arcs-sur-Argens et Châteaudouble, est le parcours le mieux adapté aux familles du département : pente faible, revêtement goudronné, zones ombragées, tables et fontaines réparties le long du tracé.

Pourquoi les voies vertes varoises sont-elles si plates ?

Parce qu’elles ne sont pas nées cyclables. L’essentiel du réseau reprend l’emprise d’anciennes lignes de chemin de fer : la ligne de Provence Toulon – Saint-Raphaël, fermée en 1948, pour la partie littorale, et la ligne Central-Var Meyrargues – Nice pour la section Barjols – Draguignan. Une locomotive n’acceptant que des pentes très faibles, le profil hérité reste doux sur toute la longueur.

Le réseau est-il continu d'un bout à l'autre ?

Non, et c’est le point à anticiper. Sur la section Toulon – Le Lavandou, l’AF3V estime l’aménagement réalisé à environ 90 %, dont 85 % en voies vertes ou pistes cyclables de bonne largeur, mais relève que plusieurs sections restent à réaliser pour assurer une continuité complète. La véloroute longe par ailleurs souvent des routes circulées, principalement la RD559. Prévoyez donc quelques passages ponctuels au contact du trafic.

Peut-on faire du roller ou de la marche sur ces itinéraires ?

Oui sur les sections en site propre, qui sont par définition ouvertes aux piétons, aux cyclistes, aux rollers et aux personnes à mobilité réduite. Le revêtement de la partie littorale est décrit comme bien roulant et adapté à la pratique du roller. Cette mixité explique aussi la densité observée aux heures de pointe : sur la piste du littoral, plus de 600 000 passages de cyclistes ont été comptés en 2024, auxquels s’ajoutent les autres usagers.

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